Chili : ¡Sí po!

1 fév

Le 13 Janvier, nous décidons que l’Argentine c’est vraiment trop cher pour nous, et nous passons au Chili… pour découvrir que ça n’est pas forcément meilleur marché !

Superficie: 756 950 km²
Population: 16 746 491 habitants
Capitale: Santiago
Président: Sebastian Pinera depuis 2010
Monnaie: le Peso Chilien ( 1€ = 642 CH$ environ, pratique pour la conversion !)
Langues officielles: Espagnol

Signe particulier:  un accent incompréhensible, ici encore ! On perd le “Che” du côté argentin de la frontière mais on hérite de mots bizarres Cachay (t’as saisi?), Po (Pues en espagnol correct, un mot qui veut un peu tout dire, “donc”, “enfin”…), Polola (petite copine), etc… Bref, on a l’impression de parler une autre langue !

Les chiliens sont également très friands de jeux de mots, qu’ils incluent jusque dans leurs expressions communes, du style Qué tal (comment ça va) devient Qué Talca, en référence à la ville chilienne de Talca; et dans la réponse, Bien y vos ? devient Bien et Boston ?, avec la même astuce géographique ! Un peu un équivalent de notre Comment vas tu – yau de poêle ! Avec ça, on ne peut que s’entendre !

Passons désormais au pays en lui même ! Bien sûr rien à voir avec le chili, le piment, quoique certains pensent que la forme du Chili pourrait bien être à l’origine de son nom… Personnellement je n’en suis pas convaincue !

En revanche, sur une superficie de 756 950 km², avoir 4 300 km de côtes, ça c’est exceptionnel ! On trouve de tout au Chili : plages forcément, mais également une bonne partie des Andes, des glaciers de la Patagonie, du désert d’Atacama près de la frontière avec le Pérou et la Bolivie, et bien sûr, la mystérieuse île de Pâques. Et tout ça dans un pays grand comme une rognure d’ongle, coincé entre les Andes et le Pacifique…

A partir de cette constatation et de la découverte de nombreuses richesses minérales, les espagnols s’en donnent à cœur joie pour coloniser et exploiter le pays pour le compte de la vice-royauté du Pérou. C’est aussi une colonie stratégique qui permet d’avoir accès et de pouvoir protéger le détroit de Magellan…

L’indépendance du Chili est proclamée en 1818, suite à la révolution menée conjointement par les indépendantistes et aux troupes de Mendoza, en Argentine; formant ainsi l’Armée des Andes. Petit détail historique, ce passage est réputé pour avoir connu le plus étrange chassé-croisé de l’histoire : c’est par là que les Incas échappèrent aux troupes espagnoles au moment de la colonisation, et c’est par là également que les libérateurs passent pour en finir avec la domination espagnole ! L’Histoire est quand même une grande farceuse ! Nous y sommes passés également pour passer de l’Argentine au Chili, et le spectacle est assez extraordinaire…

Revenons à nos moutons !

Après l’indépendance, le Chili commence à vouloir étendre son influence sur ses voisins. Ainsi débute la guerre du Pacifique avec la Bolivie en 1879, dont l’objectif était de conquérir le petit bout de terre qui garantissait à la Bolivie un accès à la mer. Malgré l’alliance de cette dernière avec le Pérou, le Chili sort vainqueur de la guerre en 1884 et assoit son influence sur ses voisins.

Le début du XXème siècle est marqué par une forte agitation sociale de la part des ouvriers, et par une grande instabilité politique. La crise de 29 et la Grande Dépression plongent le pays dans la récession économique. A partir de 1938 les conditions sociales s’améliorent avec une vague de réformes jugées avant-gardistes pour l’époque et qui garantissent une certaine protection sociale. L’industrialisation du pays, et les réformes agraires permettent également au Chili de remonter peu à peu la pente.

Le 4 septembre 1970, Salvador Allende est élu président, il devient le premier président à être élu démocratiquement sur un programme socialiste. Il intensifie les réformes et entame les nationalisations d’entreprises. Si les résultats économiques paraissent satisfaisants, en réalité, ces réformes provoquent une explosion de 508% de l’inflation et une contraction du PIB. A partir de là c’est le drame ! Commencent les marches des casseroles vides, et les problèmes pour le gouvernement d’Allende. Durant ce temps là, la CIA agit dans l’ombre et soutient les opposants à Allende (oué, oué, ils ont le bras long ces ricains!).

Résultat, le 11 septembre 1973 (l’autre 11 septembre), le Général Pinochet provoque un coup d’état dans lequel persiste de nombreuses zones d’ombres. Notamment le rôle des États-Unis dans ce coup d’état, qui n’a jamais été confirmé; et la mort d’Allende qui se serait soit-disant suicidé, mais on parle plutôt aujourd’hui de circonstances mystérieuses…

Pinochet confie l’économie du pays aux Chicago Boys un groupe de jeunes économistes chiliens, formés aux idées libérales de l’Université de Chicago. En apparence, l’économie va fortement se redresser durant la période de la dictature, au point de parler de “Miracle chilien”. Cependant, ce terme, comme la réalité économique sous la dictature est fortement contesté et divise aujourd’hui encore les chiliens… Toujours est-il que l’ambiance de terreur est bien présente sous le régime de Pinochet, et que les disparitions des opposants sont bien réelles. La qualité de vie des chiliens s’est également détériorée durant la dictature et la consommation des ménages n’a jamais retrouvée ses niveaux de 1972.

En 1988, Pinochet demande la prolongation de son mandat par référendum mais n’obtient que 44% d’approbation. Il organise donc une transition progressive vers la démocratie, tout en se garantissant une immunité constitutionnelle (pas folle la guêpe!).

En Février 1991, la commission Vérité et Reconciliation informe des violations des Droits de l’Homme commises par la Dictature, et en octobre 1998 Pinochet est arrêté à Londres (ça en dit long sur la rapidité du système !), et mis en résidence surveillée. Il rentre au Chili en 2000 et reçoit un accueil plus que chaleureux de la part de ses partisans et des militaires… malgré les charges dont il fait l’objet. Ça aide pas à passer l’éponge tout ça ! Il est relaxé en 2005 par la cour d’appel du Chili et meurt en 2006 à l’Hopital militaire de Santiago.

En attendant, le pays continue son petit bonhomme de chemin. En Janvier 2006, Michelle Bachelet (aucun lien avec Pierre, on vous rassure) est la première femme à accéder à la présidence au Chili, son gouvernement sera ainsi marqué par une parité homme/femme.

En janvier 2010, Sebastian Pinera est élu Président. Il est confronté en ce moment même à de fortes manifestations de la part des étudiants (enfin pas en ce moment même parce que ce sont les grandes vacances, et pendant les vacances, on fait pas grève, on va à la plage!) qui réclament une éducation gratuite et non élitiste comme c’est le cas actuellement (on se demande un peu quand ça va péter au Pérou…). Autre sujet de préoccupation : les barrages en Patagonie, qui défigurent totalement le paysage… C’est pas gai !

Enfin il a quand même réussit à galvaniser les foules au moment de l’épisode des 33 mineurs bloqués pendant 2 mois sous terre à San José…

Enfin, on se souvient que le Chili est franchement mal placé : en plein dans la ceinture de feu du Pacifique (plus de 2000 volcans au Chili, dont 47 sont toujours en activité), et à la jonction de deux plaques tectoniques, ce qui explique les nombreux séismes dont est victime la région. D’ailleurs je tiens à vous préciser que nous avons eu un séisme cette semaine à Lima et personne n’a demandé de mes nouvelles… tsss bandes d’ingrats!

Allez, je vous laisse terminer le dernier article du voyage, en espérant que ça vous aura plus (en tout cas, à nous, oui !).

CACHAY ?!!

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